Voir les commentaires - Recommander - Par Le Centre Social Teisseire Malherbe - Publié dans : Présentation générale
Tout sur la démarche participative
au Centre Social Teisseire Malherbe
Le projet du centre social est de contrebalancer l’image de " services " en constituant des réseaux d’habitants en vue de contribuer à la vie sociale du quartier, mais aussi de participer à l'évaluation des politiques publiques en étant force de propositions.
Faire œuvre commune par l'apprentissage de la coopération entre acteurs aux enjeux très différents et parfois contradictoires demande des convictions et des valeurs communes, une cohérence dans les postures professionnelles.
Cela demande la prise en compte des ressources individuelles et collectives, la reconnaissance des potentialités.
Pour cela, Il est nécessaire pour le centre social d'aller à la rencontre des habitants qui ne sont pas représentés dans le réseau associatif ,qui n'ont que rarement la parole et à qui on ne la demande pas.
Une formation-Action pour enclencher la démarche
participative Partant d'un principe que la connaissance est un préalable à l’action,en 2002, une
formation-action est proposée à l'ensemble des professionnels de Teisseire et Malherbe afin de mettre en œuvre la démarche participative. Un financement pour l'intervention de Mme Flageul,
psycho-sociologue et de son équipe est demandé dans le cadre de la Politique de la Ville. La Région Rhone Alpes, la ville de Grenoble, le Conseil Général et la CAF sont les principaux
financeurs.
Cette formation-Action s'adresse aux habitants et aux professionnels des quartiers Teisseire et Malherbe. L'idée de rassembler ces deux quartiers aux caractéristiques différentes autour
de projets communs doit contribuer à changer les représentations.Le but est d'apprendre à "travailler ensemble" professionnels et habitants,pour élaborer des projets et faire des
propositions dont les habitants seraient à la fois les "acteurs" et les "utilisateurs"
Mme FLAGEUL , psycho-sociologue, accompagne les habitants et professionnels dans cette démarche.
Quatre éléments nous semblaient incontournables pour engager ce travail de co-construction:
L'année 2003 a permis d'engager un travail d'abord entre professionnels. Trois jours de formation ont porté sur:
Ensuite, professionnels et habitants se sont retrouvés pour échanger autour de leurs représentations, pour poser des convictions et les règles du "jeu" par rapport à cette démarche.
Le fil directeur de la démarche était sous-tendu par 3 principes:
Le choix a été fait au démarrage de la formation-action d'inviter prioritairement les habitants les plus éloignés des lieux d'expression collective.
Fin 2003, environ 25 habitants et 25 professionnels se sont structurés au sein de collectifs autour de 4 thématiques:
- L'accueil
- Les relations familles- écoles
- Le cadre de vie
- La santé et l'alimentation
LES COLLECTIFS
Les collectifs habitants/professionnels travaillent de façon autonome à partir des questions identifiées et tous les 2 mois, un "forum social" rassemblent les groupes dans l'objectif de partager les avancées, mutualiser la réflexion et définir les étapes pour concrétiser les projets. Ce "forum social" est aussi une opportunité pour inviter de nouvelles personnes et soulever de nouvelles questions.
Chaque habitant peut s'impliquer à son rythme, avec l'engagement qu'il aura décidé.
Chaque année, une journée d'échanges est proposée en invitant les responsables institutionnels et les élus afin de rendre compte du travail engagé. C'est aussi une façon d'impliquer concrètement ces partenaires.
Par ailleurs, l'élue de secteur participe tous les 2 mois au Forum social ainsi que la chef de projet du DSU.
Mme Flageul intervient à plusieurs niveaux:
En partenariat avec le service social de secteur (dont 1 assistante sociale a été formé au Théâtre-Forum par MADO LEPENNEC), nous avons choisi le Théâtre-Forum comme un des outils pouvant favoriser la participation des habitants.
Bilan de la démarche participative
La démarche participative demande un positionnement de la part de tous les acteurs. Car faire primer l’initiative des habitants, c’est aussi accepter d’intégrer des acteurs non- sérieux au milieu du jeu bien établi des acteurs sérieux. C’est accepter parfois la lenteur de l’élaboration.
Cette démarche participative vise à promouvoir la parole des habitants, en priorité ceux qui sont les plus éloignés des lieux d'expression collective, afin qu'ils s'impliquent dans les actions touchant les projets urbains et les projets d'action sociale.Cela nécessite exige un accompagnement dans la durée afin de poser et d'identifier clairement les facteurs de réussite mais aussi les points de blocage.
Au fur et à mesure que les collectifs d'habitants et de professionnels mettent en œuvre cette démarche, ils tentent avec l'aide des accompagnateurs, d'en tirer une méthodologie qui perdure dans le temps.
Les actions qui se sont mises en place ont permis de créer des liens entre institutions et habitants, entre professionnels et habitants et entre les habitants eux-mêmes.
Le croisement des regards, la mutualisation des connaissances, le fait d'agir ensemble a également contribué à améliorer les représentations entre les 2 quartiers.
Aujourd'hui, nous sommes passés, à côté de l'offre de services, à la mise en place d'espaces publics permettant à des habitants de produire une expertise sur des questions concernant leur vie
quotidienne, de passer de la question individuelle au traitement collectif.
Cela suppose de la part des professionnels un renversement de posture dans la relation entre le savoir et le pouvoir, en sollicitant les personnes en difficultés socio-économiques à sortir de
leur isolement pour légitimer leur pouvoir de connaissance.